Obama-Nétanyahou : clap de fin d’une relation tourmentée

Par Aymeric Janier – journaliste au Monde

Pendant sept ans, ils auront entretenu une relation houleuse, marquée par des pics de tension, des récriminations, voire quelques vexations. Mercredi, pourtant, à New York, en marge de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, Barack Obama et Benyamin Nétanyahou ont fait assaut d’amabilités pour renvoyer l’image d’un tandem soudé quoi qu’il arrive. En dépit d’une certaine rancœur liée à des vues divergentes sur plusieurs dossiers diplomatiques explosifs, dont le nucléaire iranien, le président américain et le premier ministre israélien sont parvenus à clore leur ultime rencontre entre dirigeants sur une note harmonieuse, du moins publiquement, observe The New York Times

L’enveloppe de 38 milliards de dollars d’aide militaire sur dix ans récemment allouée par  Washington à l’Etat hébreu – le plus important engagement d’assistance bilatérale dans l’histoire des Etats-Unis – n’est sans doute pas étrangère à cet élan de cordialité réciproque.

Les deux partenaires ont d’ailleurs répété qu’un « lien indissoluble » les unissait. « Israël n’a pas de meilleur ami que les Etats-Unis », a déclaré « Bibi ». « Notre alliance avec Israël est fondée sur des valeurs communes (…) et la reconnaissance du fait qu’il est l’un de nos alliés les plus importants », lui a répondu, en écho, le locataire de la Maison Blanche.

Benyamin Nétanyahou, cependant, n’a pas réussi à convaincre Barack Obama du fait que la construction de colonies de peuplement en Cisjordanie (appelée Judée-Samarie par Israël) ne représentait pas un obstacle à la paix.

A cet égard, il n’est pas exclu que le président américain mène une nouvelle offensive devant le Conseil de sécurité des Nations unies après novembre, afin de ne pas laisser derrière lui un héritage vierge sur la question israélo-palestinienne, précise le quotidien de gauche israélien.

Une perspective qui inquiète les responsables israéliens.

Pour David Horovitz, du Times of Israel, tous les sourires, poignées de main et autres appellations amicales ne sauraient effacer ce qui, finalement, restera du couple Obama-Nétanyahou : une grande frustration mutuelle.