L’UNESCO ou le symbole de la déliquescence des organisations internationales

Par Sarah Perez


Jeudi 13 octobre, le Conseil exécutif de l’UNESCO, composé de 58 pays, a adopté une résolution niant le lien historique du peuple juif au Mont du Temple et faisant du site un héritage musulman. Durant le vote, 26 pays se sont abstenus (dont la France), 24 ont voté en faveur (dont la Chine et la Russie) et six s’y sont opposés (États-Unis, Grande-Bretagne, Lituanie, Pays-Bas, Estonie et Allemagne). En avril dernier déjà, une résolution avait été votée par la France, ce qui avait provoqué une crise diplomatique avec Israël. François Hollande et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’étaient alors entretenus, le président français promettant que Paris ne soutiendrait plus de telles résolutions à l’avenir. De leur côté, le Premier ministre Manuel Valls et le président du Sénat Gérard Larcher avaient condamné ce vote. Mais cette duperie diplomatique pouvait laisser craindre d’autres actions politiques encore plus dommageables, ce qui ne manqua pas d’arriver. 
 
Le texte du 13 octobre, qui condamne Israël sur plusieurs points concernant Jérusalem et ses lieux saints et qui dépeint l’Etat hébreu comme « puissance occupante », a été déposé conjointement par l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, le Liban, Oman, le Qatar et le Soudan. Il ne mentionne ni le terme hébreu qui désigne le site (Har HaBayit), ni son équivalent en anglais ou en français, le Mont du Temple. Le site est appelé uniquement par ses noms musulmans : la mosquée Al-Aqsa et Haram al-Sharif. La résolution désigne la place en contrebas du Mur des Lamentations par son nom arabe « al-Buraq plaza ». C’est seulement après que le nom hébreu « Hakotel HaMa’aravi » apparaît entre guillemets. Le gouvernement israélien et l’ensemble de la classe politique ont  condamné à l’unisson cette décision : «Dire qu’Israël n’y a pas de connexion avec le Mont du Temple et le mur occidental est comme de dire que la Chine n’a pas de liens avec la Grande Muraille ou que l’Egypte n’a pas de liens avec les pyramides», a déclaré Benjamin Netanyahou. 

L’UNESCO, dont la vocation est de mettre en valeur le patrimoine, l’éducation, et l’amitié entre les peuples et les cultures trahit sa mission en réécrivant l’histoire, en niant la réalité. Une organisation dont la mission est si noble ne devrait pas contribuer à répandre la haine et le mensonge.  
Si la France n’a pas voté en faveur de ce texte, ce qui est un progrès par rapport au mois d’avril, elle aurait sans doute pu faire preuve de lucidité en s’y opposant formellement. Elle a préféré privilégier ses intérêts économiques et stratégiques en ne se froissant pas avec les Etats avec qui elle commerce. Elle qui est membre permanent aurait dû porter haut et fort la voix du monde libre. Son abstention équivaut ainsi à une capitulation. Quoiqu’il en soit, les accusations de révisionnisme formulées par plusieurs personnalités israéliennes n’ont rien d’exagéré. Nier le lien du peuple juif au Mont du Temple revient en quelque sorte à nier la légitimité même du peuple juif. Et si le peuple juif n’est rattaché à aucun patrimoine, alors Israël n’a plus de légitimité?
Enfin, et sans doute est-ce la conséquence la plus grave de ce vote, l’UNESCO rejette les fondements mêmes de notre civilisation, faisant ainsi le lit des islamistes qui, dans une volonté de conquête telle que voulue par le djihad, ambitionnent de prendre en otage la culture du monde libre et les racines du christianisme. Il est donc du devoir de la France et de toutes les démocraties de défendre nos valeurs et faire triompher la vérité.