L’accord sur le nucléaire iranien bientôt mis au rebut ?

Le Monde – Par Aymeric Janier 


Avant d’être élu, Donald Trump avait, lors de sa campagne, affirmé qu’il reviendrait sur le texte paraphé à Vienne en 2015. Téhéran a dit son intention de ne « pas le laisser faire ».

Une fois installé à la Maison Blanche, le 20 janvier, Donald Trump va-t-il liquider sans cérémonie l’héritage de son prédécesseur, Barack Obama ? Voire. L’épineuse question du nucléaire iranien, en tout cas, suscite à tout le moins quelques interrogations.

Pendant sa campagne, en effet, le magnat républicain avait, à plusieurs reprises, vertement dénoncé l’accord scellé à Vienne à la mi-juillet 2015 entre le groupe des « 5 + 1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et la République islamique, « le plus stupide de l’histoire », selon lui.

Dans un discours prononcé mardi à l’université de Téhéran et retransmis à la télévision nationale, le président iranien, Hassan Rohani, a fustigé toute tentation du reniement. « Qu’il veuille affaiblir ou mettre au rebut [le texte], croyez-vous que nous le laisserons faire ? », a-t-il lancé. IB Times , The New York Times

 A cette occasion, M. Rohani, dont tout donne à penser qu’il briguera un second mandat en mai 2017, a également insisté sur le fait que son pays ne représentait aucune menace pour la paix internationale et le reste du monde, conception fallacieuse qu’il impute aux menées de… Washington et de Tel-Aviv. CNN

 Israël, justement, pourrait trouver en Donald Trump le parfait allié pour faire voler en éclats un accord (entériné par la résolution 2231 de l’ONU) auquel il n’a jamais souscrit, arguant que Téhéran se livrait à des manœuvres dilatoires pour mieux développer en secret l’arme nucléaire. The Daily Caller 

Pour Christian Whiton, ancien conseiller au département d’Etat de 2003 à 2009, sous l’ère Bush, si l’Iran est aussi attaché à cet accord, c’est parce que celui-ci, loin de mettre fin à son programme nucléaire, l’a au contraire sanctuarisé, avec, en sus, de confortables retombées financières. Fox Business

 Comme l’explique Bloomberg , jeter le texte aux orties pourrait toutefois être plus difficile qu’il n’y paraît. D’abord parce qu’une telle éventualité ne faciliterait pas – voire dégraderait – les rapports avec l’Europe, la Chine et peut-être même la Russie. Ensuite, parce qu’elle ne laisserait aux Etats- Unis que peu d’options, en dehors du recours à la force, pour limiter les ambitions iraniennes.