La directrice générale de l’UNESCO a condamné le vote du Conseil exécutif sur la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts

Par Sciences Et Avenir – Bernadette ARNAUD


La directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a condamné le vote du Conseil exécutif de l’Agence onusienne sur la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts.

CRISE MAJEURE. L’Etat israélien a annoncé avoir rompu tout lien avec l’Unesco, l’organisation des Nations unies pour la culture, à la suite du vote de deux projets de résolution concernant les lieux saints situés à Jérusalem-Est. L’Etat hébreu dirigé par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, estime en effet que ces textes nient le lien historique existant entre les Juifs et la ville de Jérusalem. Soumis par sept pays arabes, les deux projets visés ont été adoptés en commission jeudi 13 octobre 2016 avec 24 voix pour, six contre (dont les Etats-Unis) et 28 abstentions (dont la France) et concernent la partie de la ville où se trouve l’un des plus important lieu saint de la Bible, également troisième lieu saint de l’Islam. L’Etat hébreu s’indigne que l’esplanade des Mosquées n’y soit jamais désignée sous l’appellation juive de « mont du Temple » et que le parvis du mur des Lamentations soit nommé uniquement par son nom arabe (al-Buraq) ou « mur Occidental » écrit lui, entre guillemets. Selon le quotidien La Croix, ces textes auraient pour vocation de « dénoncer les empiétements israéliens sur l’autorité de la Jordanie – qui par un héritage historique, administre l’esplanade – et conduisent à des restrictions d’accès aux fidèles musulmans« . La réaction de l’état hébreu a contraint Irina Bokova, la directrice de l’Unesco, à réagir le 14 octobre 2016 en condamnant officiellement les termes de ces résolutions.


 

« Dans ce microcosme de notre diversité spirituelle, des peuples différents fréquentent les mêmes lieux, parfois sous des noms différents. La reconnaissance, l’usage et le respect de ces noms sont essentiels. », a-t-elle tenu à préciser. Dans un autre communiqué, elle a également assuré que « nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site« . De son côté, le diplomate allemand Michael Worbs, président du Conseil exécutif de l’Unesco, a lui aussi rappelé dans un entretien donné à The Times of Israel, que la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts avaient été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCOen 1982, en tant que site sacré à valeur universelle pour les trois monothéismes (Judaïsme, Christianisme et Islam). Et qu’il ne saurait être question de remettre en cause cette diversité et coexistence religieuse et culturelle. Ces résolutions devraient être soumises à une éventuelle adoption définitive mardi 18 octobre lors d’une séance réunissant les 58 Etats-membres du Conseil exécutif de l’Unesco.

Cette crise n’est pas la seule que doit affronter l’Unesco. Le Japon, un des plus gros bailleurs de fonds de l’organisation internationale – avec une contribution annuelle de 38 millions d’euros – a annoncé par la voie de son ministre des Affaires étrangères, Fumio Kishida, qu’il ne paierait pas sa part de financement pour protester contre une décision prise en 2015. L’Unesco a en effet inscrit dans son Registre de la mémoire du monde des documents faisant référence aux atrocités commises en Chine en 1937 par l’armée impériale nippone, notamment l’épisode connu sous le nom de « massacre de Nankin ». Ce que le Japon a vivement déploré.