Israël-Hezbollah : la guerre en ligne de mire

Par Aymeric Janier


Au Liban comme en Israël, personne n’a oublié le conflit de l’été 2006.

Une guerre, une de plus, de 33 jours, lancée le 12 juillet entre l’Etat hébreu et le Hezbollah,  soutenu par l’Iran

et la Syrie, après l’enlèvement de deux militaires israéliens aux abords de la « ligne bleue »,

cette démarcation terrestre, fragile et ténue, dressée par l’ONU en juin 2000 après le retrait israélien du Liban sud.

 

Dix ans plus tard, le souvenir de cet affrontement militaire, auquel L’Orient Le Jour  (http://tinyurl.com/hkw27lg) consacre un dossier complet, est toujours présent.

Dans un livre intitulé Under fire, Yoni Chetboun, ancien membre de la Knesset (le Parlement monocaméral d’Israël) de 2013 à 2015, relate ainsi son expérience de terrain, très différente de celle du gouvernement et du haut commandement, qui, déplore-t-il, « n’avaient aucun objectif pour l’armée ». Arutz Sheva

(http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/214749)

 

Aujourd’hui, même si le peuple libanais ne semble aucunement disposé à s’aventurer de nouveau sur le sentier de la guerre, le Hezbollah, lui, fourbit ses armes, dans l’attente des prochains combats.

Une manière sans doute, pour la milice chiite d’Hassan Nasrallah, de redorer son blason, elle qui a perdu de sa superbe aux yeux de la société libanaise, juge Roi Kais, de Ynetnews

(http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4826496,00.html) .

 

Reste qu’au fil des années, le « Parti de Dieu », fondé en juin 1982 avec l’appui de l’Iran, a su s’adapter à tous les niveaux, politique, militaire, financier et même médiatique, pour perdurer et devenir l’un des groupes militants les plus puissants du Proche-Orient, explique la BBC

(http://www.bbc.com/news/world-middle-east-36672803) .

 

Cela n’entame pas la confiance du chef d’état-major de l’armée israélienne (Tsahal ou IDF pour « Israel Defense Forces »), le lieutenant-général Gadi Eizenkot, pour qui l’IDF, elle aussi, a fait des progrès remarquables.

 

Dans Israel Hayom (http://www.israelhayom.com/site/newsletter_article.php?id=34853) ,

Yoav Limor expose  les leçons, mais aussi les erreurs commises en 2006, ces impairs « stratégiques, opérationnels et tactiques », conjugués à un « mélange d’aveuglement, d’arrogance et de méconnaissance des forces engagées et

de leurs limites ».

Pour lui, la « troisième guerre du Liban » (après celles de 1975-1990 et 2006), si elle éclate, ne ressemblera à rien de ce qu’Israël a connu.

 

Cité par The Jerusalem Post (http://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Analysis-10-years-after-latest-Lebanon-War-next-one-will-be-far-more-brutal-460024) , un expert libanais abonde dans ce sens, estimant que le prochain conflit sera beaucoup plus brutal que les précédents et le « niveau de destruction sensiblement plus élevé

(qu’en 2006) car l’infrastructure militaire du Hezbollah est dispersée dans des zones civiles qui, en conséquence, seront considérées comme des cibles militaires ».