Israël et l’Afrique sur la voie d’un nouveau départ

LE MONDE – par Aymeric Janier (journaliste/aymeric-janier)


  • C’est une terre à laquelle il demeure à jamais lié par le sang. En se rendant en Afrique de l’Est pour une tournée de quatre jours, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, renoue, d’une certaine façon, avec les fantômes de son passé familial.
  • Lundi, en Ouganda – première étape d’un voyage comprenant également une halte au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie –, il a commémoré l’opération « héroïque » menée le 4 juillet 1976 à Entebbe par les forces spéciales israéliennes. Son frère aîné Yonathan, chef du commando, avait péri lors de cette mission, organisée à la hâte pour libérer les passagers d’un vol Tel-Aviv- Paris détourné par des pirates de l’air propalestiniens. BBC (http://www.bbc.com/news/world-africa-36702286) ,The Washington Post (https://www.washingtonpost.com/world/netanyahu-commemorates-entebbe-hostage-rescue-mission-on-ugandan-runway/2016/07/04/5c188bbc-e994-4742-821f-1b4caae95b58_story.html)
  • « Il y a quarante ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal [Idi Amin Dada] qui a offert un refuge aux terroristes », a lancé M. Nétanyahou, ému (http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4824081,00.html) . « Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président [Yoweri Museveni] qui combat le terrorisme », s’est-il félicité.
  • Il est le premier chef de gouvernement israélien à faire le déplacement en Afrique subsaharienne depuis Yitzhak Shamir, en 1987. Objectif : consolider les relations diplomatiques et commerciales avec le continent. Mais pas seulement. Il s’agit aussi de s’attirer le soutien de divers pays face aux critiques occidentales sur le pourrissement du conflit avec les Palestiniens, note The Wall Street Journal (http://www.wsj.com/articles/benjamin-netanyahu-seeks-deeper-ties-with-africa-1467636339) .
  • Au cours des années 1960, Israël a entretenu de bonnes relations avec les jeunes Etats africains fraîchement indépendants. Mais, après la guerre du Kippour, en 1973, tout a changé, nombre d’entre eux décidant, sous la pression de l’Egypte, de rompre les liens avec l’Etat hébreu, rappelle la Deutsche Welle (http://www.dw.com/en/israeli-leader-makes-landmark-african-tour/a-19376262) .
    Depuis 1980, néanmoins, la situation s’améliore lentement, mais sûrement. 
  • « Israël revient en Afrique et l’Afrique revient en Israël », s’est réjoui M. Nétanyahou, désireux, à la faveur de ce pèlerinage, d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire qui le rattache à cette partie du monde. The New York Times (http://www.nytimes.com/2016/07/05/world/middleeast/netanyahu-entebbe-israel-africa-terrorism-brother-yoni.html?_r=3)
  • Pour Boaz Bismuth, journaliste au quotidien Israel Hayom (http://www.israelhayom.com/site/newsletter_article.php?id=34745) , un nouvel « âge d’or » s’ouvre. Et il serait insensé de ne pas en tirer profit. Car, explique-t-il, l’Afrique n’est pas qu’un continent ; c’est un ensemble de 54 pays, 54 votes aux Nations unies et dans d’autres organisations internationales, ainsi que 54 économies. Qui plus est, qui pourrait faire fi d’un quart de la population mondiale ?