Le Fatah face au péril mortel de la désunion

Par le Monde – Aymeric Janier


Le parti palestinien tient son 7e congrès, à Ramallah, le premier depuis 2009, sur fond de tensions internes liées à la succession de Mahmoud Abbas et de rivalité avec le Hamas islamiste.

  • Ne sera-ce qu’un emplâtre sans effet ou l’occasion de refermer de vieilles plaies mal cicatrisées ? A partir de ce mardi, et pour cinq jours, se tient à Ramallah, en Cisjordanie, le congrès du Fatah, la principale composante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
  • C’est seulement la septième fois, depuis sa création, en 1959 au Koweït, par feu Yasser Arafat, que le Fatah organise une réunion solennelle rassemblant ses principaux caciques. La précédente remonte à 2009, et s’était tenue à Bethléem.
  • Les quelque 1 500 délégués conviés à ce grand rassemblement auront pour principale mission d’élire une nouvelle direction. Selon toute vraisemblance, la prochaine génération de dirigeants palestiniens devrait être relativement plus jeune et davantage en prise avec la réalité des territoires occupés.  
  • En effet, les 22 membres actuels du comité central, la plus haute instance du Fatah, et les 100 membres du conseil révolutionnaire sont d’un âge certain. Du haut de ses 81 ans, le secrétaire général lui-même, Mahmoud Abbas est l’incarnation d’une coterie vieillissante qui répugne à passer la main, ce qui suscite des crispations internes. 
  • Reste à savoir comment le congrès va gérer la succession d’Abou Mazen. Dans une tribune à Al-Jazira , le journaliste palestinien Daoud Kuttab subodore que les hiérarques présents vont lui offrir une
    « sortie honorable », perspective en laquelle Reuven Berko, chroniqueur à Israel Hayom, ne croit pas.
  • De l’issue du vote des cadres du Fatah va dépendre, plus largement, l’avenir des relations – pour l’heure fratricides – avec le Hamas (Mouvement de la résistance islamique), au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007.
  • En sus de ces deux nœuds gordiens, encore non tranchés, d’autres questions délicates figureront à l’ordre du jour, notamment l’attitude à adopter vis-à-vis de certains pays arabes (Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Egypte, Jordanie) et le devenir du processus de paix moribond avec Israël.
  • Aux yeux d’Hani Al-Masri, directeur général de Masarat, le Centre palestinien pour la recherche politique et les études stratégiques, l’unité nationale n’est pas une option, mais une nécessité. Faute de quoi, prévient-il, « il sera impossible d’accomplir la moindre chose qui puisse être dans l’intérêt des Palestiniens, que ce soit en matière de paix ou de guerre ».