Elie Wiesel, voix majeure de la mémoire de la Shoah

Longtemps, historiens, spécialistes de la mémoire et rescapés ont redouté ce temps où les témoins des camps disparaîtraient. Avec la mort, samedi 2 juillet, d’Elie Wiesel, voix majeure du rappel d’Auschwitz, et pour cela lauréat du prix Nobel de la paix en 1986, tout se passe comme si nous entrions définitivement dans cette ère inquiétante… Car témoin, il le fut son existence durant ; il fut le témoignage même, ce rejeton d’une famille juive orthodoxe de Transylvanie, dont la vie fut aussi survie.

La tristesse, qui ne quittait pas le fond de son regard, consolée par les honneurs et la reconnaissance que lui a valus son œuvre abondante – près d’une cinquantaine d’essais et de romans – et sa fréquentation des « grands » de son temps, de Jimmy Carter à François Mitterrand en passant par le rabbi de Loubavitch, le cardinal Jean-Marie Lustiger ou Golda Meir, entre autres (il a toujours refusé de rencontrer Yasser Arafat, même si son opinion sur lui a évolué).

Elie Wiesel distinguait la célébrité et le succès, semblant regretter d’être connu comme personnalité plutôt que comme écrivain. Malgré sa vaste production littéraire, sa parole maculée de points d’interrogation jusqu’à l’épuisement, comme pour marquer dans l’écriture l’étonnement d’être encore parmi nous, son style de conteur (même s’il savait avoir la dent dure à l’occasion) s’étaient faits moins audibles dans l’Hexagone, depuis quelques décennies. La Nuit, le saisissant témoignage de  sa déportation, paru en français en 1958 aux Editions de Minuit, sans doute son œuvre la plus célèbre, a été peu à peu éclipsée de ce côté-ci de l’Atlantique au profit de Si c’est un homme (Julliard) de son ami Primo Levi, dont Elie Wiesel a dit, lors de son suicide en 1987, qu’« il était mort à Auschwitz, quarante ans après ».

Wiesel dérangeait, lassait même parfois, parce que la littérature de témoignage qu’il pratiquait était selon lui dérangeante par nature : « Je dérange le croyant, parce que, de l’intérieur de ma foi, j’ose interroger Dieu qui est la source de toute foi. Je perturbe le mécréant, parce que, malgré mes doutes et mes questions, je refuse de rompre avec l’univers religieux et mystique qui a façonné le mien. Je dérange surtout ceux qui se sont installés dans un système – politique, psychologique, théologique – où ils se sentent confortables », résume-t-il dans le premier tome de ses Mémoires, Tous les fleuves vont à la mer (Seuil, 1994).

Comme l’écrivain, le survivant est hanté par un monde parallèle ; mais à l’inverse du romancier, le témoin a éprouvé l’atroce réalité d’un monde où le meurtre a été la loi, soulignait-il.

Une adolescence à Auschwitz

Une autre raison explique peut-être l’aspect problématique de son travail pour une scène française, peu encline aux expressions publiques religieuses. Elie Wiesel n’a jamais séparé l’expérience concentrationnaire de l’histoire et de l’expérience juive dont il était imprégné et qu’il faisait valoir haut et fort. De cet entrelacement entre son existence et les pires tragédies vécues par les juifs au XXe siècle, toute son œuvre comme son action en a porté l’empreinte et épousé les métamorphoses. Et ce depuis son enfance.

Une enfance qui a pour cadre la ville de Sighet, cité de l’empire austro-hongrois tombée dans l’escarcelle du royaume de Roumanie, comme toute la province du Maramures, en 1918, et qui finit par échoir à la Hongrie, alliée de l’Allemagne nazie en 1939 (elle est aujourd’hui redevenue roumaine). Le milieu de commerçant relativement modeste où naît Elie Wiesel en 1928 est encore celui du shtetl, celui de la bourgade juive traditionnelle, marquée par le piétisme juif, le hassidisme.

Sa famille a des liens avec la « dynastie des Vichnitz », groupe de hassidim, connu notamment pour la ferveur de ses chants. Dans les environs de Sighet où son grand-père Dodye Feig, proche des rabbis de Vichnitz, possède une petite ferme, l’orthodoxie se maintient, inchangée depuis le XIXe siècle.

Dans cet entourage, où la vie du petit Elie et de ses trois sœurs, Sarah, Hilda et Tsiporah est rythmée par le shabbat et les fêtes, le yiddish domine. Mais on y parle également l’allemand, le roumain et le hongrois. On y apprend aussi l’hébreu ainsi que les matières profanes. La mère d’Elie rêve d’ailleurs d’en faire un « doctor rabbiner » (« rabbin avec un doctorat en poche »). Après avoir fréquenté le heder (« l’école primaire religieuse ») puis l’école talmudique (la yeshiva), Elie Wiesel s’enthousiasme, avec un petit groupe d’amis, pour la Kabbale, une passion qui ne le quittera plus.

Mais à une date tardive de la seconde guerre mondiale, ce monde se déchire brutalement, alors qu’à Sighet on croit déjà entendre le bruit des canons soviétiques. Jusqu’en mars 1944, la Hongrie du régent Horty, alliée de l’Axe, discrimine ses juifs, certes, mais ne les déporte pas en masse. Alors que la plus grande partie des juifs d’Europe ont déjà été assassinés, Elie et les siens ont mené une vie à peu près « normale » et pensent possible de survivre au conflit. C’est sans compter sur l’acharnement des Allemands à laisser le moins possible de juifs vivants, malgré leur prévisible défaite.

Survivant et orphelin

Après l’occupation de la Hongrie par les troupes nazies, et la mise en place d’un gouvernement aux ordres, ce sont près de 564 000 juifs (sur les 725 000 que comptait la Hongrie en 1941) qui périssent. La famille Wiesel n’est pas épargnée. Elle se retrouve, en mai 1944, entassée dans un convoi à destination d’Auschwitz-Birkenau. A l’arrivée sur la « rampe », sa mère et sa plus jeune sœur sont sélectionnées pour la chambre à gaz. Elie reste seul avec son père. Ses deux sœurs survivent, elles aussi, mais il ne le saura qu’après la guerre.

Les onze mois qu’il passe dans l’univers concentrationnaire, il les a racontés de façon saisissante dans La Nuit. Préfacé par François Mauriac (avec qui il prendra quelques distances lorsque ce dernier soutiendra le général de Gaulle, s’en prenant, en novembre 1967, à Israël), ce récit retrace l’itinéraire d’une adolescence à Auschwitz. Il en subit les horreurs, assistant par exemple à la pendaison de trois prisonniers, et décrit notamment l’agonie du plus jeune.

Après l’évacuation, en janvier 1945, face à l’avancée soviétique, Elie et son père sont transférés, dans le cadre des « marches de la mort », jusqu’au « petit camp » de Buchenwald. Son père meurt avant l’arrivée des

Américains, le 11 avril 1945. « J’ai 16 ans quand mon père meurt. Mon père est mort et je n’ai plus mal. Je ne sens plus rien : quelqu’un est mort en moi, et c’est moi », a-t-il écrit dans ses Mémoires sur ce malheur. Il est

désormais un survivant et un orphelin que le chaos de l’après-guerre dirige – comme les futurs historiens Saul Friedländer et Zeev Sternhell – vers la France où il doit « réapprendre à vivre », où l’apatride qu’il est devenu trouve sinon un pays définitif, du moins une langue.

Au gré de ses pérégrinations

Pris en charge au printemps 1945 par l’Organisation de secours aux enfants (OSE), Elie Wiesel réside dans plusieurs « homes » qui ont laissé une trace durable chez ceux qui y ont abouti. C’est d’abord le château d’Ecouis, dans l’Eure, où il renoue avec la pratique religieuse et prononce pour la première fois la prière juive des orphelins, le kaddish. Au bout de quelques semaines, on sépare les « religieux » des « laïques », et Elie part avec les premiers au château d’Ambloy (Loir-et-Cher), puis à Taverny (Val-d’Oise) et à Versailles.

Deux rencontres décisives marquent cette période de formation. La première est celle du tuteur que l’OSE lui a donné, François Wahl (1925-2014). Cet ancien résistant et futur éditeur au Seuil, dont le père a été déporté à Auschwitz, lui fait suivre des études de philosophie à la Sorbonne. L’autre figure marquante de sa jeunesse parisienne est celle de Monsieur Chouchani. Mystérieux vagabond et lettré de tradition orale, versé dans les études talmudiques, il a en cette période pour disciple non seulement le jeune Wiesel, mais également le philosophe Emmanuel Levinas, comme l’a détaillé Salomon Malka dans Monsieur Chouchani : l’énigme d’un maître du XXe siècle (JC Lattès, 1994).

« Je sais en tout cas que je ne serais pas l’homme que je suis, a confié Elie Wiesel dans ses Mémoires, le juif que je suis, si un clochard étonnant, déroutant et inquiétant ne m’avait pas interpellé un jour pour me dire que je ne comprenais rien. »

Au gré de ses pérégrinations, Elie Wiesel s’est toujours retrouvé chez lui dans l’étude, y compris aux Etats-Unis où, de 1966 à 1983, il a pour mentor Saul Lieberman, du Jewish Theological Seminary of America (New York). Une grande partie de ses textes sont des réflexions sur le judaïsme, que ce soit Célébration hassidique, portraits et légendes (Seuil, 1972) ou Contre la mélancolie. Célébration hassidique II (Seuil, 1981). Ils sont également nourris d’histoire juive, comme Le Serment de Kolvillag (Seuil, 1973), un roman qui se réfère à la fameuse affaire de crime rituel imputé aux juifs de Tiszaeszlar, en Hongrie, en 1882. En 1973, cet amateur de chant rédige, sur une musique de

Darius Milhaud, une cantate en forme de profession de foi Ani Maamin [Je crois] : un chant perdu et retrouvé, qui est créé au Carnegie Hall, à New York, sous la direction de Lukas Foss. Elie Wiesel, devenu journaliste, commence par écrire ses textes dans les langues juives. Dans son yiddish natal à une époque où une scène yiddishophone tente de se maintenir à Paris (une fois à New York, il sera un chroniqueur régulier et critique littéraire du grand journal yiddish Forverts). Sa première contribution est, en août 1948, pour le journal Tsion in kamf (Sion en lutte), proche de la droite sioniste. Elle consiste en un récit qui a pour titre « a bagegenish » (« une rencontre ») et se veut la réaction à l’épisode de guerre civile, survenu en juin 1948, consécutif au bombardement de l’Altalena, un navire chargé d’armes à destination de la droite juive, hostile à la politique de Ben Gourion.

A la suite de son premier voyage dans le tout nouvel Etat d’Israël, Elie Wiesel se lie avec la rédaction dissidente du quotidien Maariv qui est en train de fonder un nouveau journal, Yediot Aharonot. Jusqu’à l’année 2000, il y publie près de deux mille articles en hébreu, sans délaisser pour autant la presse yiddish. En avril 1951, il devient ainsi, à 22 ans, le principal rédacteur d’une revue théâtrale en yiddish, Der Teater Shpigl (« Le Miroir du théâtre ») fondé par l’acteur Aaron

Poliakoff et rédigé d’abord sur le coin de table d’un bistro parisien. Des articles de lui, en yiddish, ont paru jusqu’en 1988 dans la revue du poète et survivant du ghetto de Vilna, Avrom Sutzkever (1913- 2010), Di Goldene Keyt (La Chaîne d’or).

Mais du yiddish, Elie Wiesel n’a pas été pour autant un militant. S’il a gardé un attachement sentimental à cette langue parce qu’elle était celle de son passé familial, il l’a délaissée au profit du français. L’écriture d’Elie Wiesel a continué de puiser sa musique et son rythme aux sources juives qu’il a su transposer dans le français, même si sa culture polyglotte renvoie parfois à des références inattendues, comme celle du poète et romancier grec Nikos Kazantzakis (1883-1957), auteur d’Alexandre Zorba (1946), dont sera tiré le film Zorba le Grec (1964).

Le retentissement de « La Nuit »

Sa Nuit est symboliquement la scène où s’opère son tournant linguistique. Ce texte, qu’édite Jérôme Lindon chez Minuit, a en effet pour terreau 862 pages de témoignage en yiddish, dont beaucoup ont été tapées fiévreusement sur une petite machine à écrire portative, lors d’une traversée de l’Atlantique en direction du Brésil. L’éditeur yiddishophone Mark Turkov en publie une version abrégée de 253 pages (le manuscrit original a été perdu) en 1956, dans la collection « Dos poylish judentum » (« Le judaïsme polonais »), qui paraît à Buenos Aires sous le titre d’Un di velt hot geshvign (« Et le monde se taisait »).

Dans cette version, jamais intégralement traduite et longtemps méconnue, le ton du témoignage s’avère moins sobre, plus passionné, vibrant et accusateur. Il vise le lectorat juif, alors que La Nuit s’adresse à un public qui ne l’est pas forcément. Le retentissement de La Nuit est considérable, aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, et fixe pour certains le « canon » du témoignage. Les deux  autres récits d’un triptyque largement autobiographique, L’Aube (Seuil, 1960) et Le Jour (Seuil, 1961), eux qualifiés de « romans », n’auront pas cet impact. Même si L’Aube, qui décrit les affres d’un jeune rescapé, engagé dans les combats pour l’indépendance d’Israël – que l’écrivain américain Philip Roth estimait bien supérieur à Exodus de Leon Uris (1958) – a été par deux fois adaptée au cinéma : par le réalisateur hongrois Miklos Jancso en 1985 puis, en 2014, par le cinéaste suisse Romed Wyder.

Le quotidien demeure précaire et compliqué en France pour ce correspondant de presse, dont le statut d’apatride complique la situation et les déplacements. Elie Wiesel s’est senti proche d’Israël.

Ses critiques de la politique menée par l’Etat juif, il s’est gardé de les exprimer trop ouvertement, même pendant la guerre du Liban en 1982. 

Bien plus tard, devenu célèbre, il s’est agacé de l’attitude des journalistes, notamment de gauche, qui l’interrogent systématiquement sur le « problème israélo-arabe qu’ils secouent comme un drapeau volé à l’ennemi ». Le Mendiant de Jérusalem (Seuil, 1968), pour lequel il obtient le prix Médicis, fait toutefois écho aux doutes que peut éprouver « le vainqueur juif face aux vaincus » arabes, après le triomphe d’Israël lors de la guerre des Six-Jours.

Quoi qu’il en soit, il n’a pas lié son existence à l’Etat juif, bien qu’il se soit efforcé de visiter Israël quand cet Etat était en guerre. Il déclina également la proposition d’en être le président en 2006.

C’est la persistance et la renaissance d’une vie juive après soixante-dix ans de communisme en URSS, qui a constitué sa grande affaire et le sujet d’au moins deux de ses livres : Les Juifs du silence (Seuil, 1966), témoignage relatant notamment une manifestation spontanée de juifs moscovites en pleine période de « glaciation » politique devant la synagogue de la rue Akhipova, et

Le Testament d’un poète juif assassiné (Seuil, 1980), roman inspiré par la tragédie des membres du comité juif antifasciste, assassinés sur ordre de Staline.

En 1956 s’ouvre le pan américain de ce parcours mouvementé. Alors qu’il est toujours célibataire et journaliste (il ne se mariera qu’à 40 ans passés, en avril 1969, avec Marion Erster, sa femme et sa traductrice en anglais, mère de son fils, Elisha), Yediot Aharonot lui propose de « couvrir » l’ONU au moins une année durant à New York. Lassé des tracasseries administratives à la française, et

malgré le taxi new-yorkais qui le renverse violemment au tout début de son séjour, il choisit de s’installer outre-Atlantique, où il obtient enfin une nationalité et un passeport.


Une proximité avec les « grands »

Il s’attache passionnément à son pays d’accueil, bien que le racisme légal qui pèse sur les Noirs dans certains Etats le scandalise. Il n’est pas le seul. Son ami et voisin de Riverside Drive, dans la partie ouest de Manhattan, le rabbin Abraham Heschel (1907-1972) est un militant de la cause des droits civiques et un proche de Martin Luther King.

Wiesel abandonne peu à peu le journalisme pour l’écriture et l’enseignement dans les universités américaines, notamment celle de Boston, où il subit de plein fouet le réveil et la diffusion internationale de la mémoire de la Shoah à partir des années 1970. Elie Wiesel est une cible privilégiée des négationnistes, qui ne cesseront de s’en prendre à ce porte-parole charismatique des survivants. 

Il a été aussi constamment en butte à des attaques plus ou moins voilées lui reprochant d’« instrumentaliser » la mémoire du Génocide. Il polémiqua ainsi avec Jean-Marie Domenach, l’ancien directeur d’Esprit, qui dans L’Evénement du jeudi (7 septembre 1989), lors de l’installation d’un carmel dans l’ancien camp d’extermination, s’en était pris aux intellectuels qui, sans avoir « donné des preuves de leur combat contre le racisme » chercheraient à toucher des « dividendes d’Auschwitz ». Elie Wiesel répliqua en affirmant qu’il refusait cette « campagne d’intimidation contre la mémoire juive » et l’injonction faite, selon lui, aux juifs de « parler plus bas ».

En dépit des jalousies que suscite son succès croissant (chez Simon Wiesenthal, le « chasseur de nazis », par exemple), sa voix se fait de plus en plus entendre, alors que la mémoire de la Shoah s’institutionnalise.

En 1978, il apprend par le conseiller aux affaires intérieures américaines de la Maison Blanche, Stuart Eizenstat, que le président américain Jimmy Carter a décidé de le nommer à la tête d’une commission chargée de réfléchir à un monument à la mémoire « des victimes de l’Holocauste ».

Cette aventure sous l’égide du Conseil américain de l’Holocauste, qu’il préside quelques années, évolue vers un projet de musée, le futur US Holocaust Memorial Museum, inauguré, après bien des péripéties, à Washington, en 1993.

Ce statut quasi officiel et son accès à la Maison Blanche propulsent l’ancien étudiant de yeshiva de Sighet en plein cœur de la politique internationale. Il utilise ses fonctions dans l’administration américaine pour s’entremettre en faveur des dissidents et des refuzniks, ou plus tard pour Sarajevo en 1995. Cette proximité avec les « grands » l’amène à toucher du doigt la fracture entre l’idéalisme et la realpolitik. Ainsi doit-il subir le spectacle, malgré ses protestations, du président Ronald

Reagan se recueillant en 1985 au cimetière de Bitburg, abritant des tombes d’anciens SS. Ainsi voit- il les 15 millions de dollars de sa Fondation Elie Wiesel, presque tous ses biens, engloutis dans la pyramide de Ponzi de l’escroc Bernard Madoff, en 2008.

Mais sans doute l’honneur essentiel de ce parcours d’homme, de juif et d’écrivain, demeure-t-il de témoigner, encore et toujours. Dans l’un de ses derniers livres, Cœur ouvert (Flammarion, 2011) où il racontait les trois pontages qu’il venait de subir, il demandait comme en une ultime question : « Ai-je peur de mourir ? Dans le passé, en y songeant, je pensais que la mort ne m’effrayait pas. N’avais-je pas vécu avec elle, et même en elle ? Pourquoi la craindrais-je maintenant ? »


Elie Wiesel en sept dates

  • 30 septembre 1928 Naissance à Sighet en Roumanie
  • Mai 1944 Déportation à Auschwitz
  • 1958 « La Nuit », témoignage de sa déportation
  • 1986 Prix Nobel de la paix
  • 1996 « Et la mer n’est pas remplie »
  • 2011 « Cœur ouvert »
  • 2 juillet 2016 Mort à New York