Election de Donald Trump : Quelle est sa vision de la politique américaine au Moyen-Orient?

Par Sarah PEREZ 


Alors que la communauté internationale a commencé à réagir à l’annonce de la victoire du candidat républicain Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, mercredi 9 novembre, les premières inquiétudes se font ressentir quant à sa vision de la politique étrangère américaine. Il est vrai que le nouveau président des Etats-Unis a été assez contradictoire lors de sa campagne quant à la stratégie qu’il comptait adopter. Qu’il s’agisse de Daech, de l’accord sur le nucléaire iranien, de l’État palestinien ou de la relation avec l’Arabie saoudite, le nouveau président a affirmé vouloir bouleverser la diplomatie américaine dans la région. Dans les faits, il partage des points de convergence avec Barack Obama. Comme lui, il est opposé aux interventions militaires massives du type de celle de l’Irak et il engagera tous les alliés des États-Unis à dépenser davantage et à prendre plus de responsabilités pour leur défense.

Lors de sa campagne, Donald Trump a présenté une vision de politique étrangère semi-isolationniste et semi-interventionniste. Il défend une Amérique protectionniste, reprenant le slogan « America first » mais déclare par ailleurs vouloir détruire l’Etat islamique, sans en préciser les moyens. Il considère l’OTAN comme une organisation « obsolète et coûteuse », mais on l’imagine mal organiser son démantèlement. De même s’il est hostile à l’accord sur le nucléaire iranien, dans lequel cinq autres puissances sont parties prenantes, il n’aura aucun intérêt à revenir dessus sans quoi, il ne pourra guère coopérer avec la Russie et le régime syrien en écartant l’Iran, autre soutien de Bachar el-Assad. Cependant, il fera preuve d’une grande fermeté face au régime des Mollahs, ce qui ne sera pas pour déplaire à son allié saoudien. Face à Daech, Washington recherchera un vrai partenariat militaire même si la priorité de Moscou est bien davantage la survie du régime que la lutte contre Daech. Anshel Pfeffer, journaliste au Haaretz, voit dans la victoire de Trump la main de Vladimir Poutine. Il écrit ainsi « Alors que les bureaux de vote s’ouvraient le matin du mardi 8 novembre, Margarita Simonyan, rédactrice en chef du réseau de propagande Russia Today, postait sur son compte Twitter : ‘Démocratie : RIP’. On n’aurait pu trouver plus belle épitaphe pour saluer les efforts gigantesques déployés depuis un an par le Kremlin pour subvertir et dévoyer la plus grande démocratie occidentale. »

Sur le dossier israélo-palestinien, Donald Trump a promis à plusieurs reprises un soutien indéfectible à Israël, affirmant même vouloir transférer l’Ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. L’alliance fondamentale entre les deux pays demeura donc et il tentera de rétablir une relation mise à mal sous la présidence Obama. 

La réalité recadrera nécessairement Donald Trump. Son entourage, qui n’a pas encore été constitué, jouera un rôle considérable dans la définition des grandes lignes de sa politique étrangère. Aussi, dans un Moyen-Orient d’une complexité extrême, il ne sera pas en mesure de bouleverser les équilibres mondiaux actuels.