Climat, Israël-Palestine, extrême droite : Trump modère son discours

Par le Figaro – Etienne Jacob 


Dans une interview au New York Times ce mardi, le nouveau président américain a avoué qu’il aimerait «être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens». Il a également admis un «lien» entre l’homme et le réchauffement climatique et a pris ses distances avec l’extrême droite.

Donald Trump s’est rendu ce mardi dans les locaux du New York Times. Le nouveau président des États-Unis a enfin rencontré les journalistes, chroniqueurs et collaborateurs du quotidien, après plusieurs annulations. Critique vis-à-vis des grands médias durant sa campagne (http://www.lefigaro.fr/elections- americaines/2016/11/11/01040-20161111ARTFIG00058-donald-trump-accuse- les-medias-d-inciter-a-manifester-contre-son-election.php), le milliardaire a décidé de normaliser sa relation avec ces derniers. Pour un exercice un peu spécial: les journalistes tweetaient en direct les réponses du magnat de l’immobilier. Réchauffement climatique, conflit israélo-palestinien, Stephen Bannon… Le Figaro résume en trois points cet entretien avec le président américain.


● Il aimerait «être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens» Donald Trump a affirmé qu’il aimerait «être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens». «Ce serait une superbe réussite», a-t-il souligné. Contrairement à la tradition américaine, le nouveau président avait proposé dans son programme de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, provoquant la colère des Palestiniens.

L’homme d’affaires a ajouté que, le mari de sa fille Ivanka, son gendre Jared Kushner, «pourrait jouer un rôle dans d’éventuels pourparlers de paix». Ce dernier, homme d’affaires et investisseur, a été un de ses proches conseillers durant la campagne électorale. Après l’élection de son beau-père, il a demandé à avoir accès aux briefings de sécurité quotidiens de la Maison-Blanche. Il était également présent lors de la rencontre de Trump avec le premier ministre japonais Shinzo Abe le 17 novembre son premier entretien avec un dirigeant étranger.


● Il reste «ouvert» concernant le réchauffement climatique Donald Trump s’est dit «ouvert» au sujet de l’accord de Paris sur le changement climatique. «Je regarde ça de très près. Je reste ouvert sur cette question», a-t-il répondu, après avoir promis tout au long de sa campagne électorale d’en retirer les États-Unis. Le président-élu «pense qu’il y a un lien» entre les humains et le changement climatique. «Il y a quelque chose, mais tout dépend combien», reconnait-il. Le milliardaire républicain a précisé qu’il fallait voir à propos de l’accord de Paris «combien cela va coûter à nos entreprises», et quels effets il pourrait avoir sur la compétitivité américaine.

Le futur président américain a qualifié par le passé de «canular» le dérèglement climatique et menacé d’«annuler» l’accord conclu lors de la COP21 adopté à Paris fin 2015 par 195 pays. Cet accord de Paris vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport au niveau préindustriel. Les États-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète après la Chine, ont ratifié cet accord début septembre, sous l’impulsion notamment du président Barack Obama.


● Il défend la nomination de son conseiller Bannon Donald Trump a défendu la nomination de Stephen Bannon comme directeur de la stratégie. «Si je pensais qu’il était raciste, ou de ‘l’alt-right’ (l’extrême droite), je ne penserais même pas à l’embaucher», a-t-il affirmé.

Ce conservateur, proche du Tea Party, est le dernier à avoir rejoint l’équipe de campagne de Trump en août pour en redevenir le Directeur Général. Ex-banquier chez Goldman Sachs, il a confondé le site d’information conservateur Breitbart News, qu’il compte décliner en Allemagne et en France. Il est contesté pour ses liens présumés avec l’extrême droite américaine.

Trump s’est également démarqué d’un groupuscule d’extrême droite qui a fêté sa victoire électorale samedi à Washington lors d’une conférence marquée par des saluts nazis. «Je ne veux pas galvaniser ce groupe, et je désavoue ce groupe», a-t-il rétorqué. «Ce n’est pas un groupe que je veux galvaniser, et s’ils sont galvanisés, je veux analyser ça et comprendre pourquoi». Les appels se sont multipliés dans la matinée pour que Trump dénonce ce groupuscule. Ce dernier a revendiqué «une profonde connexion» avec le magnat de l’immobilier, tout en soulignant qu’il ne faisait pas partie de sa mouvance.