UNESCO, ONU : La faillite des organisations internationales

Par Sarah PEREZ


L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) incarne bel et bien le « théâtre de l’absurde », comme le dit lui-même le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Celui-ci se définit en effet par la mise en scène de situations irrationnelles et par la déstructuration du langage, et montre une existence dénuée de sens en mettant en scène la déraison du monde dans laquelle l’humanité se perd. En somme, il s’agit bien là de ce que fait l’organisation en réécrivant l’histoire et en tronquant la vérité par l’usage de termes inappropriés et calomnieux, qui effacent toute trace d’un passé juif mais aussi chrétien, à Jérusalem et au Moyen-Orient. 

Mardi 18 octobre, l’UNESCO a officiellement adopté une résolution sur « Jérusalem-Est » portée par des pays arabes qui rappelle certes « l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts pour les trois religions monothéistes », mais qui nie tout lien millénaire entre Jérusalem et le peuple juif. Tous les sites religieux y sont dénommés en arabe alors même que l’islam est apparu plus de 600 ans après la naissance du Christ et que le Temple d’Hérode, dont le Mur Occidental, selon tous les archéologues, est le vestige. 

Présenté par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, le texte a été validé par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’Unesco réunis en assemblée plénière au siège de l’organisation à Paris. Son adoption en commission (avec 24 voix pour, six contre et 28 abstentions) a suscité une levée de boucliers en Israël et dans le monde : le gouvernement israélien a immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l’UNESCO en signe de protestation. Israël est le seul Etat au monde et plus encore la seule démocratie dont l’existence soit en permanence remise en cause par des accusations autant fausses que caricaturales qui tendent à laisser croire qu’il est le paria des nations et qu’il n’a aucune légitimité. 

Il ne s’agit donc pas de la première décision ubuesque qui émane d’une organisation internationale. Qu’il s’agisse de l’ONU ou de l’UNESCO dans lesquelles Israël incarne le baromètre de l’absence d’éthique, ces organisations ont aussi prouvé leur inutilité en se laissant diriger par une ligue d’Etats hostiles à l’Occident ou en restant d’une passivité mortifère concernant des situations aussi tragiques que la Syrie et l’ensemble du Moyen-Orient. 


Missions et démission des organisations internationales 

L’UNESCO et l’ONU incarnent sans nul doute l’échec de la mission des institutions internationales et le détournement des valeurs morales chères à l’Occident. Originellement, l’UNESCO a pour vocation à s’occuper de patrimoine, d’éducation, d’amitié entre les peuples et les cultures. Quant à l’ONU, elle a été créée en 1945 afin de préserver la paix entre les peuples par le principe de sécurité collective, selon lequel l’agression d’un membre se heurte à la résistance de tous les autres, constitue la trame du chapitre VII, qui accorde au Conseil de 

sécurité le pouvoir d’utiliser des mesures coercitives – qui vont des sanctions diplomatiques, économiques et militaires à l’utilisation de la force armée – lorsque toutes les tentatives de règlement pacifique ont échoué. Une mission noble, certes, mais qui a largement échouée. Les barbaries communistes en Corée du Nord et les atteintes aux Droits de l’Homme en Chine, le génocide rwandais, les guerres au Kosovo, au Soudan, en Tchétchénie, en Irak, en Afghanistan, l’invasion de la Géorgie, la guerre en Ukraine, la guerre civile en Syrie sont autant d’exemples dans lesquels l’ONU n’a pu être qu’une tribune pour les déclarations sans réussir à changer le cours des choses. 

Enceintes de propagande et de haine, l’ONU et l’UNESCO sont aujourd’hui noyautées par une coalition de pays hostiles aux valeurs démocratiques qui ont trouvé une plateforme idéale pour dénigrer les valeurs occidentales et faire avancer leurs pions sur la scène internationale. Il n’est aujourd’hui plus guère possible de croire au bien-fondé des Nations Unies qui, entre autres aberrations, élisent Faisal Trad, Ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Genève, Président du groupe d’experts du Conseil des Droits de l’Homme, alors que son pays détient sans doute le pire des records en matière de liberté religieuse et de droits des femmes. 


Israël, le baromètre de l’éthique des grandes institutions 

Membre à part entière de l’ONU depuis le 11 mai 1949, Israël a plus que n’importe quel autre pays, été condamné par l’Assemblée générale des Nations Unies. Au début des années 1960, de nombreux pays arabes, musulmans et des dictatures soutenus par l’Union soviétique et les pays du Tiers-Monde comprennent que l’ONU constitue une tribune légale idéale pour lutter contre Israël et le délégitimer. Ils forment une majorité automatique pour poursuivre le combat contre Israël dans les instances internationales et obtenir sur le terrain diplomatique et politique les victoires impossibles sur le terrain militaire. La quantité et l’objet des condamnations en comparaison aux autres pays les rendent de fait insensées et démesurées. 

Une minorité seulement, dont Israël, sont des Etats de droit, démocratiques, respectueux des droits de l’Homme et de la charte des Nations Unies. Et pourtant, seul Israël fait l’objet de ce double standard permanent qui en fait un Etat à part parmi les nations. Ainsi pour la seule année 2014, Israël a été condamné à 20 reprises par l’Assemblée générale des Nations Unies, alors que la Corée du Nord ne l’a été qu’une seule fois, comme la Libye, l’Iran ou la Syrie, et que l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, la Chine (entre autres pays qui bafouent les droits de l’homme les plus élémentaires) qui ont été tout simplement « oubliés ». 38% des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies ont été dirigées contre Israël, le Conseil ayant un agenda où 10 questions sont examinées à chaque session dont une est spécialement réservée à Israël. 

Ce deux poids deux mesures est sans précédent et contraire à toute logique et à toute éthique, quand la seule démocratie du Moyen-Orient fait l’objet de toutes les condamnations et que les dictatures, les monarchies corrompues et sanguinaires, les organisations terroristes les plus barbares et les Etats qui les financent et les protègent sont non seulement oubliés mais sont ceux-là même qui condamnent et accablent Israël. Les Palestiniens quant à eux sont exonérés de toute critique. Victimes désignées du conflit israélo-palestinien, ils sont protégés par leurs « grands frères » arabes, soutenus par les dictatures, et encouragés par un grand nombre de démocraties qui continuent à faire d’Israël le bouc émissaire des malheurs du monde. 

A l’origine du texte de l’UNESCO voté le 18 octobre : l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, tous membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). L’OCI est une organisation intergouvernementale créée le 25 septembre 1969 dont le siège est situé à Djeddah en Arabie saoudite. Elle regroupe 57 États membres, et son ambition se résume en 3 points : promouvoir la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques, sauvegarder des lieux saints de l’islam et soutenir le peuple palestinien. « Libérer Jérusalem et les territoires arabes occupés » constitue le leitmotiv de l’organisation comme en témoignent les différentes conférences qu’elle a organisées : la conférence de Jeddah en 1970 qualifie par exemple le sionisme de « mouvement raciste et expansionniste, allant à l’encontre des nobles objectifs et idéaux de l’humanité et constitue une menace permanente à la paix mondiale ». Un « bureau islamique de boycottage d’Israël » et un « bureau de coordination militaire avec la Palestine » ont été créés au sein du secrétariat en 1981. Dans sa Charte de 2008, l’un des buts de l’organisation est de « soutenir le peuple palestinien, lui donner les moyens d’exercer son droit à l’autodétermination et à créer son Etat souverain, avec pour capitale al-Qods al-Charif (Jérusalem), tout en préservant le caractère historique et islamique ainsi que les Lieux Saints de cette ville ». 

L’OCI tient une session extraordinaire en 1980 et proclame « son adhésion totale au Djihad sacré, y compris les vastes implications que cela suppose en terme humain. Le 5 août 1990, l’OCI adopte la Déclaration des droits de l’homme en Islam qui est une relecture de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 aux pays musulmans et qui sont compatibles avec la charia : affirmation de la primauté divine, limitation de la liberté de choisir sa religion et d’en changer et inégalité des droits entre l’homme et la femme. 

Depuis 1999, l’OCI fait passer une résolution dans plusieurs institutions onusiennes, dans laquelle elle demande que la lutte contre l’islamophobie soit envisagée sous la bannière de la lutte contre la diffamation des religions. 

Ce djihadisme « culturel » développé par cette coalition d’Etats arabes nourrit un djihadisme beaucoup plus belliqueux et conquérant face auquel il est impératif de ne pas faiblir. 


Le vote à l’UNESCO : la capitulation des démocraties 

Par ce vote, l’UNESCO a rejeté les fondements mêmes de notre civilisation, faisant ainsi le lit des islamistes qui, dans une volonté de conquête, ambitionnent de prendre en otage la culture du monde libre et les racines du christianisme. Il était du devoir de la France et de toutes les démocraties de défendre nos valeurs et faire triompher la vérité et ne pas laisser cette organisation internationale faciliter le travail de sape organisé par les mouvements pro-palestiniens et panislamiques. Cette résolution honteuse, soutenue par la France, aurait également du soulever l’indignation de l’Eglise et des Chrétiens qui jusque-là sont restés bien silencieux comme si seul le peuple juif était concerné. Nier tout lien entre le Judaïsme et le Mont du Temple, nier l’existence du Temple de Jérusalem où se déroula la vie de Jésus, où il pria, où il prêcha, c’est nier également l’existence même de Jésus mais aussi les fondements du christianisme. Sans Temple Juif à Jérusalem, tous les évangiles sont remis en cause. Le christianisme disparaît et de lui la foi d’un million et demi de croyants. 

Alors que notre monde est confronté à l’obscurantisme le plus abject avec la prolifération de la menace terroriste et que l’islamisme radical détruit l’héritage et l’histoire de tant de nations, démolissant des merveilles archéologiques, Israël est le seul pays de la région à respecter les valeurs de liberté, à protéger le patrimoine, tout en accordant la liberté de culte à toutes les religions de la même manière. 

En choisissant l’abstention, c’est-à-dire la soumission, la France pense s’être achetée une forme de tranquillité. Mais elle a commis une erreur stratégique majeure en privilégiant ses liens commerciaux au détriment de la vérité et en recherchant des apaisements illusoires sur notre territoire. Accepter cette réécriture de l’Histoire est indigne de la nation des Droits de l’Homme, pourtant si souvent soumise à l’examen critique. 


Les réactions d’indignation suscitées par le vote de la résolution 

L’opposition de la classe politique israélienne a été unanime. Pour le Premier ministre israélien, la terminologie de la résolution revient ni plus ni moins à nier le lien historique existant entre les juifs et Jérusalem. « Dire qu’Israël n’a pas de liens avec le mont du Temple et le Kotel (Mur des Lamentations) c’est comme dire que les Chinois n’ont pas de lien avec la muraille de Chine », a ainsi déclaré la semaine dernière Benjamin Netanyahu, faisant d’autres analogies sur Twitter -notamment « Batman sans Robin ». 

Isaac Herzog, président du parti d’opposition de l’Union Sioniste a appelé de son côté l’UNESCO à retirer cette résolution: « L’UNESCO trahit sa mission, et donne une mauvaise réputation à la diplomatie et aux institutions internationales » a-t-il écrit sur sa page Facebook avant de conclure: « Quiconque veut réécrire l’histoire, modifier les faits, et inventer le fantasme que le mur des lamentations et le Mont du Temple n’ont aucun lien avec le peuple juif, est un menteur qui sert simplement à répandre la haine ». 

Le président du Parlement israélien Yuli Edelstein a quant à lui demandé l’aide du Vatican. Dans une lettre qu’il a fait parvenir au secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, Edelstein dénonce les votes de l’UNESCO comme une « offense profonde au christianisme et au judaïsme », ajoutant qu’ « il est maintenant grand temps de veiller à ce que la communauté internationale adopte une autre résolution qui réaffirme Jérusalem comme une ville sainte pour les trois religions monothéistes ». 

Matteo Renzi a réagi dans la presse italienne quelques jours après le vote : « On ne peut pas continuer avec ces motions visant à attaquer Israël, une fois à l’ONU, une fois à l’UNESCO. Soutenir que Jérusalem et le judaïsme n’ont pas de rapport revient à soutenir que le soleil fait de l’ombre », a-t-il estimé. « S’il faut rompre l’unité européenne sur ce sujet, qu’on la rompe », a-t-il insisté. « Si quelqu’un a quelque chose à dire sur Israël, qu’il le dise, mais il est inacceptable de dire des choses comme ça, qui sont une erreur », a-t-il ajouté. 

Les responsables de l’UNESCO ont tenté de réparer l’outrage par la voix de sa directrice générale, Irina Bokova, qui a voulu prendre ses distances avec cette décision : « Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site », écrivait-elle dans un communiqué qui lui a valu des menaces de mort. 

Andres Roemer, l’ambassadeur du Mexique à l’UNESCO a publiquement protesté après que son pays a voté en faveur de la résolution. Il a été limogé par son gouvernement mais sa protestation a remis en cause la position du Mexique qui a finalement décidé de s’abstenir lors du vote de confirmation de cette résolution. 

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Dix jours après l’adoption de la résolution de l’UNESCO sur Jérusalem-Est qui a provoqué l’ire du gouvernement israélien, un nouveau texte hostile à l’égard d’Israël a été voté ce mercredi 26 octobre par le Comité du patrimoine mondial de l’institution onusienne. 

La nouvelle résolution, qui fait également référence à tous les lieux sacrés de la Vieille ville de Jérusalem par leurs seuls noms arabes, ordonne le maintien du site sur la liste du patrimoine mondial en péril et tance Israël pour son refus continu de permettre aux experts de l’institution d’accéder aux lieux en question. En réaction, le gouvernement israélien a dévoilé son intention de rappeler son ambassadeur à l’UNESCO pour consultations, une semaine après avoir déjà suspendu sa coopération. 

Cet acharnement orchestré contre Israël par les Etats arabes avec la complicité d’un certain nombre d’Etats faibles et lâches, est d’une gravité extrême compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvons. L’erreur de la France et des démocraties occidentales est de penser que seuls les Juifs sont concernés par le négationnisme. Or ce sont bien les fondements mêmes de notre civilisation qui sont pris en otage par l’extrémisme islamiste au sein des organisations internationales. Aujourd’hui plus que jamais, le monde libre doit porter haut et fort la vérité historique et combattre l’obscurantisme. 

Ce n’est pas seulement contre le terrorisme que nous sommes en guerre mais contre l’idéologie qui le nourrit. On peut libérer Mossoul et vaincre Daech mais le fondamentalisme islamique continuera tant qu’il ne sera pas déraciné.