Résolution 2334 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et initiative française pour la paix entre Israéliens et Palestiniens : La diplomatie de l’absurde.

Le 23 décembre dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2334 appelant Israël à stopper « immédiatement et complètement la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ». Cette résolution votée à l’unanimité par les membres du Conseil de Sécurité, dont la France, a été adoptée grâce à l’abstention des Etats-Unis. Une fois de plus, au prétexte fallacieux de la « colonisation », la communauté internationale poursuit sa stratégie de délégitimisation d’Israël. Comme avec la plupart des autres résolutions, l’ONU prétend mettre fin à « l’occupation israélienne » en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et défendre « les droits du peuple palestinien » quitte à bafouer ceux du peuple Juif. Elle affirme une fois encore qu’Israël est « l’occupant militaire » de territoires auxquels il n’est pas lié historiquement et sur lesquels il ne détient aucun droit. Or cette affirmation est infondée en droit, elle est politiquement fausse et moralement inacceptable.

Aux Etats-Unis, la réaction ne s’est pas faite attendre : « Ce gouvernement a abandonné notre allié Israël, quand il avait le plus besoin de nous », a lancé à la tribune de la Chambre des représentants, son président Paul Ryan, en référence à l’abstention américaine, poussée par Barack Obama. Jeudi 5 janvier, la Chambre des représentants a condamné à une large majorité cette résolution par un vote qui n’a pas force de loi, mais qui a une très forte valeur symbolique puisqu’elle a été adoptée par 342 voix contre 80. Un vote bi-partisan, puisque les républicains ont été quasi unanimes et une majorité du groupe démocrate a également voté en faveur de ce texte de condamnation de la décision américaine à l’ONU.

Le nouveau président élu M. Donald Trump a déclaré quant à lui, qu’après son investiture « tout changerait en ce qui concerne l’ONU ». De son côté, le gouvernement israélien a annoncé qu’il comptait réduire son financement à l’ONU de six millions de dollars (près de 5.7 millions d’euros) pour l’année 2017, en représailles. « Il est inacceptable pour Israël de continuer à contribuer au financement d’organisations anti-israéliennes et parrainées par l’ONU », a dénoncé S.E Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies. « Cette situation absurde où L’ONU finance des organismes dont le seul but est l’incitation à la haine et la propagande anti-israélienne doit cesser », a-t-il martelé.

Contrairement à ce qu’affirment ceux qui veulent minimiser la gravité de cette résolution, elle change la donne politique et diplomatique comme aucune autre résolution ne l’avait fait par le passé. La résolution 2334 reprend les mêmes mensonges qui figuraient dans le texte de l’UNESCO, cumule les non-sens juridiques, les contre-vérités historiques et constitue une faute politique grave qui contribue à renforcer la stratégie de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) et des islamistes radicaux que pourtant les démocraties devraient combattre, pas seulement en bombardant Daesh (l’Etat Islamique), mais aussi en s’opposant à leur stratégie d’expansion et de domination du monde arabo-musulman et au-delà, de déstabilisation de l’Europe et des démocraties dans le monde.


Une résolution biaisée et dangereuse

Comment, par cette résolution, la communauté internationale peut-elle créer du droit contre le droit ? Comment 70 ans après la création de l’Etat d’Israël, la communauté internationale peut-elle continuer à bafouer les décisions qu’elle a prises et saper les fondements de la légitimité d’Israël dont elle devrait être la garante ?

Cette résolution s’inscrit dans la longue liste de celles adoptées dans toutes les instances internationales pour stigmatiser, isoler et condamner exclusivement l’Etat hébreu. Comme l’a rappelé Ban Ki Moon avant de quitter ses fonctions, le biais anti-israélien systématique dans les instances de l’ONU n’est plus acceptable.

La résolution 2334 ignore les fondamentaux du droit comme la déclaration Balfour dont nous allons fêter le centième anniversaire cette année ou les accords de San Remo en 1920, et tout le droit accumulé depuis 100 ans pour asseoir la légitimité du peuple juif sur la Palestine mandataire. Elle ignore l’Histoire et son lot de tragédies sans lesquelles on ne peut penser l’avenir. Ironie du sort, cette résolution survient au moment-même où les analystes constatent « la mort » des accords Sykes-Picot qui ont, en quelque sorte, inventé un Moyen-Orient qui n’existait pas. Il y a aujourd’hui un entêtement à vouloir réitérer les erreurs du passé pour créer hors de la logique, hors du droit, par le diktat et la contrainte, un 23ème Etat arabe qui ne sera pas plus démocratique que les 22 autres et qui ne pourra que les rejoindre dans le chaos, la dictature et la corruption, hélas endémique dans cette partie du monde, avec la complicité de la communauté internationale qui préfère fermer les yeux pour préserver ses intérêts.

Depuis des décennies, les instances internationales perpétuent l’idée qu’Israël est une « puissance occupante », un corps étranger sur la terre de son histoire quand les « Palestiniens », qui n’ont jamais existé ni en tant qu’Etat ni même en tant que nation, seraient les seuls propriétaires légitimes de cette terre dont ils se sont bien tardivement accaparés le nom. Par une manœuvre particulièrement perfide, l’ONU veut faire croire que la ligne de 1967, qui n’est autre que la ligne de cessez-le-feu de la guerre de 49, serait la frontière qui séparerait Israël de la Palestine arabe qui pourtant n’existait pas, puisque les arabes ont rejeté la résolution de partage et que de 49 à 67 la Jordanie avait annexé ces territoires dans l’indifférence générale avant d’y renoncer en 1974.

Si donc la ligne de 67 n’est pas une « frontière » séparant deux états souverains, comment la présence juive en Judée Samarie peut-elle être assimilée à une occupation de type colonial ? Ce mensonge, qui nourrit l’accusation ignoble qui veut faire d’Israël un état d’apartheid, répété à l’envie par la propagande arabe et relayé sans mesure par des chancelleries complaisantes et des médias bien-pensants, ne saurait devenir une vérité. Il est temps de rejeter cette réécriture de l’histoire et cette distorsion du droit qui vise à instruire en permanence le procès en illégitimité contre Israël pour le priver de ses droits historiques et politiques.

La communauté internationale instrumentalise la « colonisation » pour ne pas mettre les Palestiniens face à leurs responsabilités s’agissant de l’incitation à la haine, du financement du terrorisme ou encore de la corruption.

La résolution 2334 va plus loin dans les abstractions et inexactitudes : contrairement à ce qui est affirmé dans le texte, les implantations israéliennes ne sont pas la cause de l’échec du processus de paix car elles constituent un des paramètres de la négociation. C’est la présence juive dans cette région qui n’est toujours pas acceptée par ce front du refus arabe qui se lézarde pourtant mais que les résolutions de l’ONU et les initiatives internationales, déconnectées des réalités du terrain, entretiennent en renforçant l’irrédentisme de l’Autorité Palestinienne à contre courant de l’histoire dans un Moyen-Orient à feu et à sang.

L’appel des Palestiniens à effacer toute présence juive des territoires « contestés », comme les désignait avec justesse François Mitterrand, n’est pas seulement discriminatoire, il est aussi moralement répréhensible. Puisque la présence d’une forte communauté arabe, 22% de la population, à majorité musulmane n’est pas un obstacle à l’existence d’Israël, comment quelques milliers de juifs qui pourraient demain décider de vivre dans le futur Etat de Palestine seraient-ils un obstacle à la paix ? A moins de considérer que le futur Etat de Palestine soit interdit aux Juifs ce qui reviendrait à exiger, avec l’accord de la communauté internationale, qu’il y ait une véritable épuration ethnique pour interdire aux Juifs de vivre sur la terre de leurs ancêtres quand près de 2 millions d’arabes qui se disent palestiniens sont citoyens de l’Etat d’Israël.


Une résolution qui empêche toute négociation directe

Une fois de plus, cette nouvelle résolution de l’ONU encourage les Palestiniens à une fuite en avant qui leur donne l’illusion de pouvoir obtenir ce qu’ils veulent sans passer par la négociation. Car la résolution 2334, qui déclare illégales toutes les mesures en termes d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de peuplement ou de développement économique prises par Israël dans les territoires dont il a pris le contrôle à l’issue de la guerre des Six Jours, éloigne des négociations directes qui nécessitent un compromis mutuel sans lequel il n’y a pas de solution durable.

En décrétant unilatéralement que la ligne de 67 est la frontière du futur état de Palestine et que Jérusalem-Est est un territoire palestinien, l’ONU ne fait pas que définir les paramètres de la négociation, il la vide de son contenu et de son objet puisque il grave dans le marbre de la résolution le résultat d’une négociation qui n’a plus de raison d’être. Pourquoi les palestiniens retourneraient-ils à la table des négociations si c’est pour obtenir moins que ce que la communauté internationale leur a déjà octroyé… sur le papier ?

En tuant la négociation, en rendant impossible un compromis basé sur des concessions mutuelles, la résolution 2334 enterre le processus de paix et la solution de deux états pour deux peuples. C’est un désastre diplomatique et politique mue par la rancœur et le ressentiment d’une administration américaine en fin de mandat qui a échoué sur le plan international et dont le bilan restera marqué par le chaos du Moyen-Orient.

Il faut être réaliste, les conditions ne sont aujourd’hui pas réunies pour créer un « Etat de Palestine, démocratique vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël ».

Comment en effet, prétendre favoriser la création d’un Etat démocratique, lorsqu’aucune des composantes de ce futur Etat n’est démocratique, que le gouvernement en place n’est ni légal ni légitime ? L’incapacité des Palestiniens à organiser des élections municipales au mois d’octobre dernier témoigne de l’enlisement de leur système politique, des rivalités au sein de la société et des tensions avec les frères ennemis du Hamas. Par ailleurs, le mandat de M. Mahmoud Abbas, qui a commencé le 15 janvier 2004, aurait dû prendre fin au début de l’année 2009. Quelle sera donc la viabilité de ce nouvel Etat si les institutions ne fonctionnent pas ?

Cet Etat ne pourrait pas garantir non plus sa sécurité face aux islamistes qui dirigent déjà la bande de Gaza. Ce territoire qui doit faire partie du futur Etat de Palestine sert de base de lancement à des attaques contre Israël. Le Hamas qui gouverne là-bas depuis le coup de force de 2006 n’est pas prêt d’être désarmé et le territoire toujours pas démilitarisé malgré les résolutions qui le commandent. Comment dans ces conditions, la création de la Palestine pourrait contribuer à garantir la sécurité d’Israël ? La situation dans la région devrait inciter nos apprentis sorciers des Nations Unies à plus de prudence et de retenue.

 


L’échec annoncé de la conférence de Paris le 15 janvier prochain

Malgré le désordre et le chaos qui règnent dans la région, le changement d’administration américaine à partir du 20 janvier et la fin du mandat de François Hollande dans l’incapacité de se représenter, la France a décidé de maintenir l’organisation le 15 janvier du deuxième volet du Sommet de Paris qui s’était tenu le 3 juin dernier avec pour ambition de «  réaffirmer le soutien à une solution juste, durable et globale du conflit israélo-palestinien ». Israël a déclaré qu’il ne participerait pas à cette conférence internationale qui « éloigne les parties en conflit de la négociation directe qui seule permettra d’aboutir à une paix juste et durable ». De plus, les Israéliens ont toutes les raisons de penser que cette réunion virera au tribunal des nations devant lequel l’Etat Juif sera appelé à comparaitre.

Personne ne peut imaginer faire la paix sans Israël ou contre Israël, ce qui reviendrait à nier son droit à exister et sa légitimité d’être, conformément à la résolution 181 du 29 novembre 1947, l’Etat-nation du peuple Juif. La paix ne s’obtient pas en la déclarant seulement. Elle doit être conditionnée par des exigences politiques et économiques qui garantissent un environnement stable et vertueux pour les deux parties. Pour l’heure, il faut espérer que cette initiative française ne soit pas le prélude à une résolution unilatérale qui imposerait à Israël un embryon d’Etat palestinien non viable et dangereux pour sa sécurité́ et pour la stabilité́ régionale. Cette conférence internationale participe à ce grand mouvement d’isolement et de délégitimation dans la plus pure tradition des organisations et des pays qui ont fait de l’antisionisme le moteur de leur idéologie destructrice. Il est temps d’en finir avec cette diplomatie de pyromane inutile et dangereuse dans ce Moyen-Orient qui a davantage besoin de pompiers de la paix.

Le désir de la France d’agir sur la scène moyen-orientale est légitime, mais il soulève de nombreuses interrogations. Après les résolutions sur Jérusalem adoptées par l’UNESCO en octobre dernier qui niaient tout lien entre Israël et la vieille ville, le Mur occidental et le Mont du Temple ; après la mise en œuvre de la politique européenne d’étiquetage qui n’est rien d’autre qu’un boycott d’Israël déguisé, la France qui cautionne l’acharnement orchestré contre Israël par les Etats arabes, participe à cette falsification et réécriture de l’Histoire.

Elle ne peut prétendre dans ces conditions jouer le rôle d’arbitre ou d’intermédiaire alors qu’elle apparaît, hélas, comme juge et partie prenant fait et cause pour les palestiniens contre Israël. Et pourtant la France, comme l’Europe, ont toutes les raisons d’être parties prenantes dans le règlement de la crise du Moyen-Orient, car comme Israël elles sont en première ligne de la lutte contre l’islamisme et le terrorisme. Au-delà de notre sécurité, ce sont aussi nos démocraties et les fondements de notre civilisation qui sont menacés par la barbarie. Il est temps de sortir de cet aveuglement. L’abandon d’Israël et le renoncement sur la question de Jérusalem n’apportera pas la paix mais ouvrira une période de confrontation dont le fracas se fera entendre jusqu’au cœur de l’Europe qui connaît déjà les premières conséquences de l’onde de choc qui nous atteint.

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Pour la communauté internationale, il est temps de tirer les leçons des erreurs du passé qui ont conduit au chaos et à la barbarie qui sévissent au Moyen-Orient. Il est temps de mettre chacun devant ses responsabilités et cesser de faire croire que c’est Israël qui menace la paix du monde alors que, comme toutes les démocraties, il est en première ligne du combat contre l’islamisme et le terrorisme.

Dans les conditions actuelles, la reconnaissance d’un Etat palestinien, dirigé par un gouvernement qui n’a pas renoncé à l’incitation à la haine et qui glorifie les terroristes, dont fait partie le Hamas, qui est une organisation islamiste et terroriste prônant dans sa charte l’extermination des Juifs, est un gage donné à ceux qui appellent à la destruction de l’Etat d’Israël et au-delà qui nourrit le terrorisme islamiste. Cette décision n’est pas seulement prématurée, elle est irresponsable. Elle est aujourd’hui impossible.

Le Président de la République, qui va bientôt quitter ses fonctions, peut encore laisser une trace dans l’Histoire en renonçant à cette conférence internationale inutile et contre productive. Il pourrait saisir l’opportunité unique qui s’offre à lui et à la France en pesant de tout son poids pour réunir à Paris un sommet de la paix entre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. La paix a besoin de justice et de vérité. Le temps est venu de changer de logiciel pour inventer, avec les idées et les moyens d’aujourd’hui, le monde de demain.

Alors qu’il s’apprête à célébrer le 70ème anniversaire de sa renaissance après 19 siècles d’exil, de persécutions et d’humiliations, l’Etat d’Israël est plus que jamais tourné vers la paix, l’avenir et la prospérité dont pourraient bénéficier tous les Etats et les peuples de la région. Mais le peuple Juif, qui est revenu dans la géographie des nations parce qu’il n’a jamais quitté l’Histoire, ne laissera personne le priver de son droit. Il ne laissera personne décider à sa place, sans lui ou contre lui. Aucun Etat au monde ne l’accepterait, l’Etat Juif pas plus que les autres. Il est temps que le monde change son regard sur Israël pour que chacun au Moyen-Orient trouve sa place dans un environnement apaisé et coopératif où la dignité et la légitimité de tous seront respectées.