Israël combat le Hezbollah sur le front syrien

Par Sarah Perez

Mercredi 7 décembre, plusieurs missiles israéliens ont frappé les environs de la base militaire de Mazzé, à la périphérie de la capitale syrienne. Il s’agissait de la seconde fois en huit jours qu’Israël attaquait des positions militaires proches de Damas. D’après l’agence syrienne Sana, Tsahal aurait lancé des missiles sur le territoire syrien, tandis que des médias arabes parlent de frappes aériennes. Un responsable militaire a qualifié l’attaque de « tentative désespérée de l’ennemi israélien de soutenir les groupes terroristes et de remonter leur moral au plus bas », en référence aux rebelles.  Le lendemain de la supposée attaque, Israël a déclaré prendre des mesures contre le Hezbollah. Il semblerait en effet que certaines lignes rouges édictées par Israël aient été franchies notamment le transfert d’armes sophistiquées de la Syrie à l’organisation chiite libanaise.

Les deux récentes attaques israéliennes auraient été menées depuis l’extérieur de l’espace aérien syrien avant l’aube, sans doute pour éviter toute confrontation avec l’armée de l’air russe, qui opère principalement de jour. En outre, l’armée de l’air syrienne est elle aussi principalement active pendant la journée, ce qui accroit le nombre de victimes civiles.

Ces frappes dissuasives d’Israël avaient pour objectif de faire comprendre à l’Iran et au Hezbollah qu’ils ne pouvaient agir sans impunité. La force aérienne russe et le déploiement de batteries de missiles anti-aériens en Syrie, auraient pu encourager la confiance du mouvement terroriste chiite, et alimenter un programme accéléré de contrebande. L’armée israélienne a publié mardi une carte du sud du Liban sur Twitter, sur laquelle elle a indiqué les positions, infrastructures et armements du Hezbollah le long d’une partie de la frontière israélienne. La carte, selon Channel 2, présente plus de 200 villes et villages que l’organisation a transformés en bases opérationnelles, et montre plus de 10 000 cibles potentielles pour des frappes israéliennes dans le cas d’une nouvelle guerre contre le groupe terroriste. Le document, présenté comme déclassifié, pourrait constituer un casus belli en cas de future action militaire, d’autant que le Hezbollah cherche maintenant à acquérir des missiles avec des ogives de gros calibre, des systèmes de défense aériens pour contrer les avions de chasse israéliens, et des missiles maritimes pour cibler la Marine israélienne et les plateformes pétrolières israéliennes présentes en mer Méditerranée.

Depuis le début de la guerre civile en Syrie, Israël a mené plusieurs attaques contre le Hezbollah engagé aux côtés de l’armée d’Assad. Alors qu’Hassan Nasrallah, le chef de l’organisation, doit s’exprimer ce soir à Beyrouth, ces raids laissent craindre un élargissement du conflit syrien à Israël et au Liban, où se trouve l’arsenal du Hezbollah, estimé à près de 100.000 projectiles. Israël, sur les gardes, envisage toujours la possibilité que le Hezbollah réplique soudainement, ce qui changerait alors les règles du jeu.