Le Hamas fête ses 29 ans : Quel bilan pour l’organisation ?

Le 14 décembre dernier, le Hamas a célébré le 29e anniversaire de sa création dans un contexte marqué par la guerre fratricide qui l’oppose au Fatah. Cette manifestation, aux allures de démonstration de force, a rassemblé des dizaines de milliers de Palestiniens à Gaza, dont des centaines d’hommes en tenue militaire et des enfants agitant des armes factices. La veille, la branche armée de l’organisation a organisé des expositions d’armes dans le camp de réfugiés de Djabaliya, à Beit Lahiya et Beit Hanoun.

Les festivités ont été l’occasion pour les responsables du Hamas de proférer de nouvelles  menaces à l’encontre d’Israël. Le responsable de l’organisation, Khalil Haya, a prononcé un discours féroce, bâti sur une rhétorique violemment anti-israélienne. Il a également appelé à la réconciliation avec le parti du Fatah dirigé par le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, mais seulement selon les conditions du Hamas. Interrogé par Al-Jazeera, Khaled Mashaal, responsable du bureau politique, a affirmé que l’organisation n’a pas changé sa stratégie ni ses concepts depuis sa création. Il a ajouté que le Hamas adhérait toujours à sa  vision de « résistance » à l’ennemi israélien. Il a précisé que sans une « résistance armée », les droits nationaux ne pourront pas être réalisés.

Créé en décembre 1987 par Ahmed Yassine, Abdel Aziz Al-Rantissi et Mohammed Taha, tous trois issus des Frères musulmans, l’organisation terroriste considère, comme le précise sa charte dans son article 11, que « la terre de Palestine est une terre islamique » et que la destruction d’Israël demeure l’objectif prioritaire de l’organisation et de sa branche armée, les brigades Ezzedine Al-Qassam.

Le Hamas a pris le contrôle de Gaza en menant une offensive contre le pouvoir présidentiel de Mahmoud Abbas et plus généralement contre les forces du Fatah entre le 12 et le 14 juin 2007. Depuis lors, le mouvement a imposé avec agressivité la loi islamique, la Charia, aux citoyens de Gaza avec un code vestimentaire islamique très strict et la condamnation de toute forme d’opposition.

Toutefois, les parades du Hamas masquent difficilement la lassitude de certaines populations qui doivent se plier aux règles très strictes des autorités. Ainsi, même si cela demeure un sujet tabou, de nombreux suicides ont été recensés ces derniers mois dans la bande de Gaza. Pour tenter de remédier à ses problèmes financiers, le gouvernement du Hamas a imposé davantage d’impôts à la population palestinienne et paie des salaires réduits à ses employés.

Samedi 17 décembre, le mouvement islamiste a accusé le Mossad d’avoir assassiné à Sfax  l’un de ses membres, l’ingénieur tunisien Mohamed Zaouari, spécialiste des drones. Israël fait preuve d’une grande vigilance car au cours des dernières années, le Hamas a développé sa propre gamme de missiles en améliorant considérablement ses roquettes Qassam, et en développant la roquette à longue portée pouvant atteindre Tel Aviv, le M-75. Il fabrique également des Fajrs iraniens, qui peuvent porter jusqu’à 175kg d’explosifs, et a acquis des M-302 fabriqués en Syrie qui ont été tirés sur Jérusalem et la région de Haïfa durant l’opération Bordure Protectrice à l’été 2014. 

Des responsables israéliens ont accusé le Hamas de « se préparer » à une nouvelle guerre avec Israël et ont menacé le groupe terroriste de représailles en cas d’attaque.Le Hamas, qui traverse une crise majeure, osera-t-il passer du verbe à l’action au moment-même où le Moyen-Orient est à feu et à sang et le drame d’Alep au cœur de toutes les préoccupations ?