Conférence de Paris: le président du Sénat émet des réserves (i24news)

« Je suis venu ici pour dialoguer, porter aussi un message d’amitié, de paix et de soutien à Israël »

Le président du sénat français, Gérard Larcher, était invité dans le Journal de Jean-Charles Banoun à l’occasion de son premier jour de visite officielle en Israël et dans les Territoires. Il y a notamment annoncé son double objectif: la lutte de la France contre le terrorisme et sa volonté de dialoguer pour la paix.

« Je suis venu ici pour dialoguer, porter aussi un message d’amitié, de paix et de soutien à Israël et en même temps, je me rendrai à Ramallah parce que je pense qu’il n’y a pas d’autre voie, même si elle est difficile, même si elle est semée d’embuches, même si aucune des conditions n’est aujourd’hui réunie, pour construire la paix », a déclaré M. Larcher sur le plateau d’i24NEWS.

Il s’est exprimé également sur la résolution 2334 réclamant l’arrêt des implantations israéliennes, qui a été adoptée il y a deux semaines par le Conseil de sécurité de l’ONU.

« La véritable surprise n’est pas venue du vote de la France mais de l’abstention des Etats-Unis. Remettons les choses là où elles doivent être », a-t-il souligné.

« En même temps personnellement, je pense que c’est assez étonnant qu’on ait fait (passer) ce genre de résolution alors qu’on se trouve aujourd’hui dans un chaos du Moyen-Orient. Nous savons cependant que la poursuite des implantations en Territoires palestiniens est un des freins à la paix. Mais pas le seul », a-t-il continué.

Citant les autres obstacles à la résolution du conflit, il a rappelé que « tant que le Hamas n’aura pas renoncé au déni du droit à l’existence d’Israël, il n’y aura pas de chemin vers la paix ».

Sur ce point, il a émis certains doutes concernant l’initiative de la France, qui organisera le 15 janvier une nouvelle conférence internationale sur le Proche-Orient, avec quelque 70 pays, mais sans les parties concernées, pour réitérer le soutien de la communauté internationale à la solution à deux Etats, israélien et palestinien.

« Même si la conférence de Paris partait d’une bonne intention, elle aura lieu, mais dans quelles conditions? », s’est-il interrogé.

« A cinq jour du changement d’administration américaine… chacun sait qu’on ne peut pas ignorer le choix qu’ont fait les Américains en choisissant le président Trump. Et elle va se faire aussi alors qu’un des deux Etats n’admet pas cette conférence de Paris », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rejeté le projet français de conférence internationale, proposant d’accueillir plutôt des négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens.

Il a toutefois insisté sur l’importance du rôle de la France, mais aussi de la Russie, dans la reprise du dialogue entre l’Etat hébreu, les Palestiniens et la résolutions des conflits au Moyen-Orient.

« Tous les processus qui conduisent vers la paix sont utiles mais je crois que l’élection française, avec l’environnement russo-américain qui va changer, peut être un pas de plus qui nous permettrait de renouer le dialogue », a affirmé le président du sénat français.

« Il faut se parler, il faut travailler ensemble, la réalité c’est que la Russie a retrouvé une place dans le Moyen-Orient et que la paix passera aussi par la Russie, dans un dialogue avec la Turquie et les Etats-Unis », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité du dialogue.